La loi Climat et Résilience en bref
Adoptée le 22 août 2021 (loi n° 2021-1104) à la suite de la Convention citoyenne pour le climat, la loi s’organise autour de cinq thèmes : consommer, produire et travailler, se déplacer, se loger et se nourrir. Pour le détail des mesures et du calendrier, consultez notre article Loi Climat etRésilience : mesures et échéances clés. Pour une entreprise industrielle, c’est surtout le volet « produire et travailler » qui compte, dans la trajectoire de neutralité carbone fixée pour 2050.
En 2024, l’industrie manufacturière et la construction ont émis 62,4 millions de tonnes d’équivalent CO₂, soit environ 17 % des émissions de gaz à effet de serre de la France, selon les données du Citepa reprises par le servicedes données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. Ces émissions ont baissé de 55 % depuis 1990, mais l’effort doit se poursuivre.
Pourquoi les industriels sont-ils concernés ?
Un secteur très consommateur d’énergie
Les industriels figurent parmi les principaux émetteurs de CO₂. Cela tient à l’énergie consommée par leurs procédés de production, au transport de marchandises et à la nature de certaines activités, comme la sidérurgie, la chimie ou la cimenterie. La transition passe donc par une transformation en profondeur de l’outil de production.
Un cadre réglementaire plus large que la loi Climat
Toutes les obligations des industriels ne découlent pas de la loi Climat et Résilience. L’audit énergétique réglementaire, par exemple, est prévu par le code de l’énergie (articles L. 233-1 et suivants) pour les entreprises qui dépassent certains seuils. Il est donc utile de vérifier, site par site, quelles obligations s’appliquent à votre entreprise. Notre article sur l’audit énergétique obligatoire explique comment financerle plan d’actions avec les primes CEE.
Le saviez-vous ?
Le catalogue des fiches CEE évolue régulièrement. Un arrêté du 27 juin 2025 a supprimé plusieurs fiches industrielles, dont IND-UT-117 (récupération de chaleur sur un groupe de production de froid) et IND-UT-121 (isolation de points singuliers d’un réseau), pour les opérations engagées à compter du 1er août 2025. Vérifiez toujours qu’une fiche est en vigueur à la date d’engagement de vos travaux.
Les leviers de décarbonation d’un site industriel
Des actions sur les procédés et les utilités
Les industriels disposent de plusieurs leviers. D’abord, l’électrification des procédés, quand la technologie le permet. Ensuite, le recours aux énergies renouvelables sur site, comme la biomasse ou le solaire thermique. Troisième levier : la récupération de la chaleur fatale, c’est-à-dire la chaleur perdue par les procédés, qui peut être réutilisée. Enfin, l’optimisation des moteurs, de l’air comprimé et du froid industriel réduit durablement la consommation d’énergie. Pour distinguer ces approches.
Un budget souvent conséquent
Ces projets représentent des investissements importants, de plusieurs centaines de milliers d’euros à plusieurs millions selon la taille du site. C’est pourquoi il est essentiel de mobiliser les aides disponibles dès la conception du projet.
Quelles primes CEE pour financer vos travaux ?
Le principe des primes CEE
Les certificats d'Economies d'Energie (CEE) obligent les fournisseurs d’énergie, appelés Obligés, à financer des économies d’énergie. En échange, les entreprises qui réalisent des travaux éligibles reçoivent des primes CEE. Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif est entré dans sa sixième période, qui court jusqu’en 2030. Chaque type de travaux correspond à une fiche d’opération standardisée, qui fixe les conditions à respecter et un forfait exprimé en kWh cumac.
Des exemples de fiches pour l’industrie
Plusieurs fiches de la catégorie « utilités » concernent directement les sites industriels. Voici quelques exemples.
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Fiche |
Opération |
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IND-UT-102 |
Système de variation électronique de vitesse sur un moteur
asynchrone |
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IND-UT-103 |
Système de récupération de chaleur sur un compresseur
d’air |
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IND-UT-116 |
Système de régulation sur un groupe de production de froid
permettant d’avoir une haute pression flottante |
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IND-UT-137 |
Système de pompe(s) à chaleur en rehausse de température
de chaleur fatale récupérée |
La fiche IND-UT-137 vise les pompes à chaleur qui valorisent de la chaleur fatale récupérée. Elle a été révisée en mai 2026 et s’applique désormais aux sites existants, aux sites neufs, aux extensions et aux nouveaux besoins de chaleur. Pour une même fraction de chaleur fatale, elle ne se cumule pas avec les fiches IND-UT-103, IND-UT-118, IND-UT-138 et IND-UT-139. Vous trouverez le détail dans notre article sur la fiche IND-UT-137.
Les autres aides à articuler
Les primes CEE ne sont pas la seule aide. Le Fonds chaleur de l’ADEME soutient la production de chaleur renouvelable et de récupération, et certaines régions accordent des subventions ou des prêts à taux bonifié. Ces aides s’articulent avec les primes CEE selon des règles propres à chaque dispositif : le cumul n’est jamais automatique, et il faut le vérifier avant tout engagement.
Comment obtenir sa prime CEE ?
D’abord, identifiez les travaux envisagés et vérifiez leur éligibilité à une fiche en vigueur. Ensuite, contractualisez avec un mandataire ou un Obligé avant d’accepter le devis ou le bon de commande. Enfin, réalisez les travaux selon les critères de la fiche et conservez toutes les pièces justificatives, notamment les devis, les factures et l’attestation sur l’honneur.
Un point doit être surveillé de près : la date d’engagement. Elle correspond, en général, à l’acceptation du devis ou du bon de commande, et le rôle actif et incitatif du demandeur de CEE doit intervenir au plus tard à cette date. Accepter un devis avant d’avoir sécurisé l’offre de prime CEE peut donc faire perdre l’aide. C’est aussi cette date qui détermine la version de la fiche applicable.
Anticiper les évolutions de la réglementation
Les fiches CEE sont révisées par arrêtés successifs. La fiche IND-UT-137, par exemple, a été modifiée par l’arrêté du 23mai 2026, publié au Journal officiel. Suivre ces textes permet d’engager ses travaux sous les conditions les plus favorables.
Investir dans des équipements moins énergivores réduit aussi la facture d’énergie et améliore la rentabilité à moyen terme. Bien financée, la décarbonation devient un avantage concurrentiel.
Faisons le point sur vos projets de décarbonation
Si vous préparez des travaux sur un site industriel, faites le point dès maintenant sur les primes CEE mobilisables. Nous vous aidons à identifier les fiches adaptées et à sécuriser votre dossier avant l’engagement.
Questions fréquentes
La loi Climat et Résilience impose-t-elle les primes CEE ?
Non. Les primes CEE sont un dispositif de financement, pas une obligation. Elles aident à payer les travaux qui permettent de réduire la consommation d’énergie et les émissions.
Quels travaux industriels sont éligibles aux primes CEE ?
Les travaux qui correspondent à une fiche d’opération standardisée en vigueur, comme la variation de vitesse sur un moteur, la récupération de chaleur sur un compresseur d’air ou une pompe à chaleur de rehausse sur chaleur fatale.
La récupération de chaleur sur un groupe de froid est-elle encore finançable ?
La fiche IND-UT-117 est supprimée pour les opérations engagées depuis le 1er août 2025. Selon la configuration du projet, une autre fiche ou une opération spécifique peut s’appliquer. Contactez-nous pour l’étudier.
Peut-on cumuler primes CEE et Fonds chaleur ?
Ces aides s’articulent selon des règles précises. Le cumul n’est pas automatique : il faut le vérifier projet par projet avant de signer.
J’ai déjà signé mon devis : puis-je encore demander une prime CEE ?
Dans la plupart des cas, non, car le rôle actif et incitatif du demandeur doit précéder l’engagement. Contactez-nous avant toute signature pour sécuriser votre dossier.